Un article de Dominique C.
Présenté en avant-première au Festival de cinéma Itinérance d’Alès, le film Macadam popcorn flirte entre documentaire et fiction.
Mais alors, de quoi parle ce film entremêlant reportage et mise en scène ?
Macadam Popcorn est un road movie qui parcourt la France, dans ses coins les moins connus et les moins habités, à la rencontre d’exploitants de salle en tout genre. Ce faisant, on découvre les rouages de ce travail méconnu où l’exploitant négocie l’obtention de films (nouveautés ou adaptations) avec les distributeurs.
Le terme exploitant de salle ne fait toutefois pas l’unanimité. Ceux-ci préfèrent plutôt la dénomination artisans du cinéma.
Les exploitants de salle font face à des problématiques économiques : coût des changements d’équipement, compétition féroce avec les géants de salle comme Gaumont et les plateformes web de visionnement en ligne comme Netflix et Canal+. Problèmes auxquels d’autres pays n’échappent pas non plus. Au Canada aussi, on observe une lente agonie des salles de cinéma indépendantes. Pas plus tard que l’année dernière, la métropole canadienne de Montréal perdait l’une de ses plus importantes salles indépendantes avec la fermeture de l’Excentris.
Ainsi, tout comme le Canada, la France fait face à des enjeux similaires. Pourtant, Macadam Popcorn ne tombe pas dans le dramatique. C’est plutôt l’occasion de découvrir des artisans qui ne font pas comme les autres. Cinéco, une compagnie itinérante, se balade ainsi en Lozère de salle en salle pour projeter des films dans des coins plus ruraux, comme à Florac par exemple, où résident moins de 2 000 personnes.

Réalisé par Jean-Pierre Pozzi, Macadam Popcorn met en vedette Mathieu Sapin, bédéiste français connu pour son « Journal d’un journal », mais aussi pour « Campagne présidentielle » sorti en 2012 alors qu’il suivait François Hollande et tout récemment pour « 5 ans dans les pattes de Depardieu ».
Pour le réalisateur, Mathieu était le candidat parfait :
« Il paraît inoffensif comme ça avec son petit carnet. En fait, il est redoutable ! Mais du coup, on fait pas attention. On le voit très bien dans le film. C’est ce que dit Gary à la fin : « T’es là comme une fouine et tu caricatures les gens ! » En fait, c’est un observateur formidable. » – Jean-Pierre Pozzi

Initié il y a déjà près de 4 ans avec presque rien, le film a connu plusieurs moutures avant de proposer sa version finale. Le film lève le voile sur la réalité les régions, entre autres, parce qu’on parcourt différents départements français ; de Florac à Uzès, Tremblay-en-France, Le Havre, à la rencontre d’artisans du cinéma.
Accompagnée des croquis de Mathieu Sapin, l’équipe du film aborde avec humour les enjeux modernes des salles de cinéma, mais aussi l’amour de la pellicule, les souvenirs en salle et les projets d’avenir avec ces artisans d’un peu partout en France, dont le Languedoc-Roussillon.
Bien qu’il s’agisse davantage d’un film sur les cinéphiles pour les cinéphiles, on cherche aussi à rappeler l’importance de l’éducation à l’image et de l’importance de celle-ci dans la culture française.
Macadam Popcorn from Ciel de Paris on Vimeo.